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En Chemin mai 2011

« Ne te fie pas à ta propre intelligence ». Proverbes 3, 5

Ce proverbe, qui est une petite portion de la sagesse des hommes de l’Antiquité, ne recueillerait pas les faveurs du public s’il était par hasard diffusé à grande échelle. Depuis le XVIIIe siècle, l’humanité pensante s’est fortement émancipé face à ce genre de précepte qui représente un frein à ses entreprises de recherche et à ses inventions. Aujourd’hui, elle y verrait une entrave à la science. Des voix de chercheurs se font d’ailleurs entendre pour que nous allouions plus de crédits à la recherche et que nous restreignions les comités d’éthique qui se prononcent sur certains périls liés à telle ou telle application d’une découverte.

Les anciens qui ont inscrit ce proverbe sur une tablette d’argile avaient pour leur part une conscience vive des menaces que pouvaient représenter les forces de la nature. En dehors de leurs cités, les étendues naturelles étaient peuplées de bêtes féroces (comme les lions de l’Atlas aujourd’hui presque disparus) et les embarcations antiques, bien qu’élaborées, faisaient souvent pâle figure face aux vents tempétueux de l’hiver méditerranéen.

Aujourd’hui, grâce à notre intelligence, nous avons accompli des progrès spectaculaires tant en matière de sécurité des transports qu’en matière de découvertes scientifiques.
Ce succès de la rationalité est tel que nous ne voyons plus comment la nature pourrait réellement nous menacer, ni non plus comment la part de risques liée à nos inventions pourrait outrepasser les limites que notre intelligence a calculées.
 
Ce vieux proverbe biblique pourrait tenir en une formule relativement simple : ce qui est rationnel n’est pas nécessairement raisonnable. Le calcul, la mesure, la modélisation et l’expertise sont toujours profondément rationnels et donc relativement fiables. Mais on néglige d’y appliquer, en plus, un principe de prudence ; un principe selon lequel tout ce qu’invente ou modifie l’intelligence humaine s’accompagne un jour d’effets indésirables.

Selon leurs calculs, les constructeurs de pétroliers ont estimé minime le risque d’un naufrage de leur machine. Rationnellement, c’était sans doute exact. Mais penser qu’aucun accident ne puisse jamais survenir n’était pas raisonnable. Une machine peut s’user. Elle peut se revendre aussi. Quant aux protocoles rationnels de son utilisation, ils peuvent s’égarer. Depuis la mise à l’eau des pétroliers, de nombreux cormorans ont eu l’occasion de mesurer la portée de ce principe rationnel selon lequel « le risque zéro n’existait pas ». Ce qui vaut pour les pétroliers vaut aussi pour l’usage industriel de l’énergie nucléaire.

Placer sa confiance dans la seule intelligence humaine est peut-être le résultat d’une mauvaise appréciation. Cette position réduit la vie à des calculs.

Se fier à Dieu est l’invitation qui suit notre proverbe. Cette démarche permet de voir le monde sous un autre angle, celui de l’amour et du respect. L’amour des autres êtres humains qui pourraient subir les conséquences des risques pris. Le respect de la vie sous toutes ses formes.

Pierre-Philippe Blaser


Conseil de paroisse: un départ et une arrivée

Le Conseil de paroisse va vivre un changement en son sein durant ce mois de mai 2011: notre président, Frédéric Noyer, va nous quitter en raison d'un nouvel horizon professionnel. Durant dix ans, Frédéric a occupé sa place au sein du Conseil, y apportant ses talents en organisation, en informatique, en relation publique et même... dans le domaine de l’histoire. Il a donné son temps sans compter et s’est montré très concerné par la vie de la paroisse. Durant six ans, il en a assuré la présidence; il a aussi pris plusieurs engagements importants au plan de l’Eglise cantonale. Nous serons nombreux à regretter sa présence chaleureuse et son amitié. Nous lui souhaitons, ainsi qu’à son épouse Agnès, une vie future habitée par la joie du partage et l’approfondissement dans l’amour du Christ.

Dès l’annonce de la démission de Frédéric, le Conseil s’est mis en quête d’une nouvelle personne pour lui succéder. La décision a été prise de demander à cette personne si elle acceptait rien moins que la présidence du Conseil! Et nous avons eu la grande joie d’entendre une réponse favorable de la part de Madame Brigitte Hirschi Lizzola de Môtier. Ainsi avons-nous le privilège de vous annoncer qu’elle en prendra la présidence dès ce mois-ci. Brigitte occupe déjà une place au sein du groupe des anciens de la paroisse et est déléguée au synode. En même temps que nous la remercions de sa réponse favorable, nous lui souhaitons une cordiale bienvenue et beaucoup de joie dans cette nouvelle fonction!


Le Conseil et les pasteur